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La Chronique Agora
 

Paris, vendredi 16 février [%= :date(%Y) %]

  • Simone Wapler : Au secours, Montebourg revient !
    Ce gouvernement – comme tous ses prédécesseurs – s'obstine dans le capitalisme de copinage, l'interventionnisme et les investissements calamiteux.
  • Bill Bonner : Les Américains sont fauchés
    Les Américains n'ont plus suffisamment d'épargne, les consommateurs sont endettés et l'inflation monte. Les marchés devront un jour s'ajuster.
  • Une expérience monétaire qui tourne mal
    De prêteurs en dernier ressort, les banquiers centraux sont devenus manipulateurs de premier ordre en s'abritant derrière la "courbe de Phillips".

LES NOTES DE SIMONE WAPLER

Simone Wapler

Au secours, Montebourg revient !

Vous vous souvenez peut-être du flamboyant ministre de Hollande, l'homme aux marinières moulantes.

Vous pensiez être débarrassé du personnage, de ses rodomontades et de ses investissements (foireux) au nom de l'Etat ?

Détrompez-vous. L'esprit du personnage revient en force dans ce gouvernement.

Les Echos du vendredi 16 février :

"Comme la France veut défendre ses fleurons – Le décret Montebourg va être étendu.
[...]
Le Premier ministre veut étendre les secteurs protégés par le décret dit 'Montebourg' à de nouveaux domaines."

Depuis 2014, l'Etat a le droit de s'opposer à des projets d'investissements étrangers dans les domaines de l'énergie, de l'eau, du transport, des communications électroniques, de la santé publique, de la défense.

Mais cela ne suffisait pas...

On rajoute à la liste : l'intelligence artificielle, les datas, les nanotechnologies, le spatial et... les infrastructures financières !

L'avancée technologique la plus importante de ces 58 dernières années
Ce n'est PAS le bitcoin…
... Mais sans elle, aucune cryptomonnaie ne pourrait exister.

Ses applications sont infinies – tout comme les possibilités de profits : 
Ces 3 valeurs à elles seules pourraient vous rapporter jusqu'à +7 520% de plus-values.

Pour tout savoir, cliquez ici – mais n'attendez pas pour agir : cette technologie est à un tournant de son évolution… et devrait connaître une envolée spectaculaire en 2018.

Difficile d'y inclure les shampoings pour cheveux gras et la laque de L'Oréal. Mais il semblerait que la fin du pacte d'actionnaires entre la famille Bettencourt et Nestlé cause une certaine nervosité dans les hautes sphères parasitocratiques.

Préparez-vous : les yaourts (pensez à Danone si jamais Nestlé avait de l'appétit) et la cosmétique pourrait devenir bientôt du ressort "de la défense de l'ordre public et de la sécurité nationale".

Plus de protectionnisme et aussi plus d'interventionnisme

Dans le même esprit, Les Echos nous apprend aussi :

"La future loi Le Maire devrait accroître la capacité d'intervention de bpifrance Participations, bras armés de la banque publique, pour investir dans des sociétés stratégiques. La société d'investissement 's'endetterait pour pouvoir prendre des participations, à hauteur de plusieurs milliards d'euros'".

Depuis 2008, avec 1€ d'emprunt d'Etat, la France achète 0,5 € de "croissance". N'importe quel chef d'entreprise qui s'endetterait de 1 € pour gagner seulement 0,5 € de chiffres d'affaires ne survivrait pas...

En réalité, l'Etat dépense de l'argent qui ne lui appartient pas mais n'investit pas.

Lorsqu'un particulier investit :

  • il décide de se priver d'une jouissance immédiate et s'est astreint à dépenser moins que ce qu'il recevait. Ce n'est pas le cas de l'Etat français dont le déficit est permanent depuis 47 ans ;
  • il choisit – au vu d'informations publiques – en soupesant soigneusement la rentabilité de son investissement. Ce n'est pas le cas de l'Etat.
  • il s'engage. Si l'investissement tourne mal, le particulier souffre de pertes financières. Ce n'est pas le cas du fonctionnaire de l'Etat qui investit.
  • il suit son investissement, car c'est son argent qui est en jeu. Ce n'est pas le cas du fonctionnaire de l'Etat qui a investi et sera ensuite muté.
  • quand il se trompe, il apprend. Ce n'est pas le cas du fonctionnaire de l'Etat qui ne verra pas son traitement amputé si Areva, Alstom, EDF, Thales, Engie, Nexter Systems... se casse la figure.

J'aimerais qu'un jour le produit dérivé financier suivant soit créé : un tracker inverse de toutes les entreprises cotées dans lesquelles l'Etat "investit".

Je pense qu'un tel ETF – qui parierait sur la chute  de ces entreprises – permettrait d'engranger des plus-values quelles que soient les performance des marchés. Cela compenserait (un peu) le gâchis que nous payons en tant que contribuable.

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Cet outil confidentiel élaboré par les services secrets américains pourrait tout changer pour vos investissements.

Un initié de la CIA vous explique comment faire : cliquez ici pour tout savoir.
(Attention : ces informations sont exclusives et pourraient disparaître du jour au lendemain. N'attendez pas pour les appliquer.)


LES NOTES DE BILL BONNER

Bill Bonner

Les Américains sont fauchés

"Tournant, tournant dans la gyre toujours plus large,
Le faucon ne peut plus entendre le fauconnier.
Tout se disloque. Le centre ne peut tenir.
L'anarchie se déchaîne sur le monde
Comme une mer noircie de sang : partout
On noie les saints élans de l'innocence.
Les meilleurs ne croient plus à rien, les pires
Se gonflent de l'ardeur des passions mauvaises."
– Yeats, La Seconde Venue
(Trad. Yves Bonnefoy)

Mercredi, les investisseurs ne savaient plus quoi faire. Les chiffres annoncés ont semé la confusion parmi les faucons.

Le bouton "vente" pour l'inflation, mais...

D'un côté, ils ont appris que l'inflation empirait. L'IPC a enregistré une hausse surprise, à 2,1% sur les 12 derniers mois. La tendance est clairement haussière. Si le rythme de janvier se poursuit, l'IPC américain atteindra les 6,7% à la fin de l'année.

Cette attaque virulente pour les nerfs des investisseurs a été aggravée par des données provenant du secteur de l'immobilier.

Bloomberg :

"Les prix des maisons ont atteint des sommets historiques dans quasiment deux tiers des villes américaines au quatrième trimestre, alors que les acheteurs se battaient autour d'une offre à des planchers record, en termes d'annonces publiées".

Les traders savaient quoi faire. Ils ont immédiatement appuyé sur le bouton "vente".

La hausse de l'inflation signifiera une baisse des prix des obligations... et laissera les consommateurs, déjà endettés, avec encore moins d'argent. Il faut donc vendre les actions aussi.

Mais alors même que le Dow commençait à s'effondrer, de nouvelles données sont arrivées : le rapport sur les dépenses de consommation.

L'épargne est la clé de la prospérité

On a attribué aux consommateurs le "sauvetage" du PIB américain l'an dernier ; ils ont vidé leur tirelire pour acheter bidules et gadgets. Ce chiffre aurait dû lui aussi pousser les investisseurs dans une "fuite vers la sécurité".

Comparée au taux d'épargne de 10% habituel durant les années 1970, 1980 et 1990, l'épargne des ménages américains est passée à un plancher quasiment record de 2,4% l'an dernier.

Nous nous interrompons ici pour rappeler aux lecteurs que l'épargne est la clé de la croissance économique et de la prospérité.

Sans épargne, on vit sur le fil... consommant tout ce qu'on produit. Peu à peu, les machines, champs et routes se dégradent. Ils doivent être continuellement renouvelés... avec de nouvelles usines et de nouvelles entreprises offrant des emplois, se faisant concurrence sur les marchés et créant de la richesse.

Sans épargne, le progrès s'arrête... puis s'inverse.

La différence entre un pays riche et un pays pauvre est donc le niveau d'épargne – c'est-à-dire de capitaux stockés – disponible pour être utilisée par les entreprises et les consommateurs.

L'épargne est également importante en tant qu'assurance. On ne sait jamais quand l'anarchie se déchaînera sur le monde. On épargne donc de l'argent pour avoir quelque chose à dépenser si les choses tournent mal.

Evidemment, personne ne semble penser que les choses tourneront mal un jour. Après tout, avec des génies à la tête des banques centrales... des saints au gouvernement... et des magiciens dans l'industrie financière – peut-être ont-ils raison !

Quoi qu'il en soit, lorsque les données des ventes au détail ont été publiées, elles ont révélé que les ménages américains semblent un peu à court. Fauchés, en d'autres termes.

La structure du capital est pourrie

D'abord, les chiffres de décembre ont été révisés à la baisse. Ensuite, la croissance des ventes au détail de janvier n'a atteint qu'un peu plus de la moitié des 0,5% attendus.

Là encore, ce n'était pas de bonnes nouvelles. Mais une fois traduit en langage trader moderne, tout ça donnait : "hé, la Fed va pas continuer à augmenter les taux... pas avec ce genre de chiffres !"

Les traders – conditionnés par de nombreuses années d'interventionnisme de la Fed à "acheter pendant les creux" – ont considéré ces mauvaises nouvelles comme étant bonnes et ont acheté plus de valeurs surévaluées. Le Dow a terminé sur un gain de 1%.

Mais les marchés découvrent de nouveaux prix tous les jours. Cette semaine, ils ont découvert que les prix des obligations devraient être plus bas (si l'on tient compte d'un nouveau programme – probable mais non certain – de resserrement quantitatif de la part de la Fed... mais aussi des derniers chiffres de l'inflation).

Tandis que les prix chutaient, le rendement du bon du Trésor US à 10 ans a atteint les 2,92% – un nouveau sommet de quatre ans.

Les investisseurs boursiers découvriront, eux aussi, que les prix des actions devraient être plus bas. C'est une certitude, bien que le timing lui-même soit imprévisible.

Plus largement, nous pensons qu'ils découvriront que toute l'affaire – toute la structure de capitaux – est pourrie.

Passions mauvaises

Depuis 30 ans, la Fed décourage systématiquement l'épargne...

... Tandis que l'appétit du gouvernement fédéral a largement augmenté. A vous de faire le calcul.

En janvier 2017, on comptait environ 8 800 Mds$ d'épargne stockée dans des institutions de dépôt aux Etats-Unis (dont une partie appartenant à des étrangers). Aujourd'hui, il y en a 9 090 Mds$... soit une augmentation de moins de 300 Mds$ sur l'année.

Même si 100% de cette somme était mobilisée cette année, cela ne couvrirait qu'un quart du déficit de 1 200 Mds$ prévu par les autorités US.

Autrefois, on pouvait compter sur les républicains pour lutter contre les déficits. Ils croyaient à un gouvernement limité et à des budgets équilibrés.

A présent, la majorité d'entre eux ne croient plus à rien – sinon à se faire réélire !

Et pendant ce temps, les pires "se gonflent de l'ardeur des passions mauvaises"...

... impatients de ponctionner jusqu'au dernier centime de l'épargne des autres.
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LES NOTES DE NICK HUBBLE

Dan Denning

Une expérience monétaire qui tourne mal

Hier, nous avons vu que les banquiers centraux justifiaient leur interventionnisme économique par la courbe de Phillips, qui relie théoriquement inflation et chômage.

Courbe de Philipps
Source : Macroeconomic Principles

Dans les années 1970, nous avons connu la stagflation. Une inflation élevée et un chômage élevé affectaient en même temps les pays développés. Ce serait un point dans le graphique en haut à droite, bien en dehors de la courbe de Phillips.

A la fin des années 2010, nous avons connu une inflation faible malgré un chômage faible. Nouvelle contrariété, avec un point en bas à gauche du graphique cette fois-ci.

Même lorsque la courbe de Phillips a semblé présentable, elle n'a fait que cacher les problèmes qui apparaissaient ailleurs. Nous y reviendrons plus loin.

Le nuage de points qui a donné la courbe de Phillips initiale doit avoir une apparence assez aléatoire, aujourd'hui. De nos jours, les points ne forment plus une ligne. Le blog New Monetarist les a reportés de 1950 à 2013, ce qui donne  :

Courbe de Philipps

Pouvez-vous distinguer une courbe de Phillips ? Ou voyez-vous des points placés un peu au hasard ? Seul un économiste doté d'un logiciel économétrique surpuissant pourrait tracer une ligne à partir de ces points et établir une relation entre l'inflation et le chômage.

Les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît (Michel Audiard)

C'est pourtant ce qui a été fait. Et puis on a créé des sections d'économie entièrement nouvelles pour expliquer pourquoi cela ne fonctionnait pas très bien, plutôt que de simplement admettre que cela ne fonctionne pas.

Mais peut-être la politique monétaire vieille d'un siècle en tant qu'outil d'orientation économique touche-t-elle à sa fin ? Sans leur théorie de justification qui donnerait sa preuve dans la pratique, que sont censés faire les banquiers centraux à présent ?
J'étudie en ce moment les débuts de la politique monétaire en Grande-Bretagne, à partir d'une histoire de la Banque d'Angleterre... et en regardant l'autre soir Mary Poppins avec des personnes qui souhaitent apprendre à parler anglais.

Disney a montré comment "deux pennies investis avec prudence, parcimonie, frugalité chez la Dawes, Tomes, Mousley, Grubbs Fidelity Fiduciary Bank" peuvent devenir une livre sterling.

Mais cela peut également déclencher une panique bancaire, comme le montre très bien le film. C'est le genre de choses que la Banque d'Angleterre (BoE) a fait pour faciliter les garanties à ses débuts. Sauf qu'à l'époque, le crédit et l'argent étaient encore séparés. On devait posséder de l'or ou de l'argent-métal quelque part. C'est ce que faisait la BoE.

A la création de la BoE, le gouvernement lui avait confié une grande partie de ses activités de collecte de fonds et financières. Il a donc donné à l'institution un indice de solvabilité extraordinairement bon. Assez bon pour garantir les autres banques – ce qu'elle a fait avec succès à maintes occasions dans les périodes de déprime du pays.

Le principe du prêteur en dernier ressort a été créé par la pratique, et non par une quelconque théorie économique. A l'époque, le dernier ressort signifiait encore quelque chose. Chaque gouverneur essayait de tenir le coup pendant un certain temps.

De nos jours, la BoE est occupée par d'autres problèmes. Ses récentes politiques n'ont rien à voir avec la politique monétaire, les marchés financiers ou l'économie. Non, au lieu de cela, la BoE se creuse la tête pour savoir comment intégrer le langage inclusif dans ses documents officiels...

La politique monétaire n'est qu'une expérience qui a mal tourné

Mais revenons à la politique monétaire. Comment la BoE est-elle passée de prêteur en dernier ressort à manipulateur économique de première classe ? En appliquant – comme toutes les autres banques centrales – des théories économiques erronées.

Si les gens se rendent compte que la courbe de Phillips ne tient pas la route, cela laisse la politique monétaire moderne là où elle était dans le chapitre le plus récent que j'ai lu : avant que la politique monétaire ne soit utilisée pour manipuler l'économie dans le but de fournir un résultat bien préférable, c'est-à-dire lorsque la banque n'était qu'un prêteur en dernier ressort pour le gouvernement et le système bancaire.

Autrement dit, ces 100 dernières années de politique monétaire n'ont été qu'une expérience qui a mal tourné.

Sans courbe de Phillips sur laquelle s'appuyer, l'ingérence par la politique monétaire est inutile et vaine. Cela peut ne pas empêcher les banquiers centraux de continuer à essayer, mais cela les laissera sans repère sur lequel s'appuyer pour le faire.

Sans leur carte de la courbe de Phillips, les banquiers centraux ne sont qu'un mécanisme de renflouage comme ils l'étaient il y a 100 ans. A cette époque, ce rôle était déjà très controversé.

En fait, toute l'histoire de la BoE est d'une confusion sans nom. La théorie économique ne joue quasiment aucun rôle.

Comme par exemple le jour de congé de la Nuit de Guy Fawkes (5 novembre) au XXe siècle et la tradition du feu d'artifice. L'une des premières employées féminines de la BoE racontait : "un jour j'ai leur ai demandé [...] pourquoi ils faisaient cela et ils ne semblaient pas le savoir, mis à part le fait que c'était une coutume immémoriale." Un jour, Mark Carney répondra peut-être la même chose lorsqu'on lui demandera pourquoi il utilisait les taux d'intérêt pour tenter de gérer la courbe de Phillips.

La même confusion prévaut concernant la courbe de Phillips, soit dit en passant. Le Néo-Zélandais Almarin Phillips avait suggéré qu'une relation existait entre la croissance des salaires et le chômage ; il n'a jamais mentionné l'inflation. Ceci est l'évidence même – une simple question d'offre et de demande.

La notion d'inflation fut introduite plus tard par un économiste américain dont les écrits sont encore aujourd'hui utilisés dans les universités. Pour autant que je sache, il s'agissait d'une hypothèse d'observation que nous avons aujourd'hui réfutée. Nous avons eu une stagflation, une inflation faible et un chômage faible en même temps. Mais cette théorie, pourtant infirmée, justifie encore l'existence de la politique monétaire.

Une politique sans aucun bénéfice

Manipuler les taux d'intérêt pour influencer l'inflation et le chômage, même si cela est un échec, a d'autres conséquences. Nous les tolérons grâce aux bénéfices supposés de la politique monétaire. Mais comme ces bénéfices se sont révélés être illusoires, qu'arrivera-t-il par la suite ?

Si les banquiers centraux ne parviennent à contrôler ni l'inflation ni le chômage, pourquoi tolérer les problèmes qu'ils créent ? Bulles d'actifs, booms de la dette, inégalités et renflouages en catimini pour les banquiers qui encouragent des niveaux absurdes de risque, pourquoi les accepter ?

Vous connaissez certainement les bulles formées après 2008. Ou encore l'aléa moral d'avoir un renflouement tout prêt pour n'importe quel banquier qui parie trop gros. Quelles sont les autres conséquences ?

L'inégalité en est une. Dans les années 1970, à travers le monde, on est entré dans l'expérience d'une politique monétaire non restreinte par l'étalon-or. Cette politique n'a depuis cessé de renforcer l'inégalité. Ce graphique de Goldman Sachs montre comment une part croissante des revenus a été amassée par les 10% plus hauts contribuables aux Etats-Unis.

Les plus hauts revenus

Sans l'or pour restreindre l'impression monétaire, l'inflation, les renflouements, la dette et la financiarisation ont boosté les riches. Les plus-values ont augmenté, pas les revenus.

Toutefois, l'inégalité est un problème mineur comparé à celui de la dette.

Selon l'Institute of International Finance (IIF), ce mois-ci, la dette mondiale représente 318% du PIB de la planète.

Oui, cette explosion de la dette est aussi un effet secondaire de la politique monétaire. Abaisser les taux d'intérêt depuis les années 1980 pour essayer d'extraire encore un peu plus de croissance de l'économie n'a en réalité fait qu'encourager les emprunts, pas la croissance.

Ce graphique, également élaboré par l'IIF mais datant d'il y a quatre mois, montre les secteurs d'endettement qui ont grossi.

Endettement mondial par secteur

Le problème avec la dette, c'est que c'est de la croissance empruntée au futur. Elle réduit la croissance future puisqu'elle devra être remboursée.

Si la dette est trois fois supérieure au PIB et que les taux d'intérêt moyens sont à, disons 3%, alors il faudra 9% du PIB rien que pour payer les intérêts. Avec des taux de 2%, il faudra 6% du PIB mondial.

Imaginez l'effet d'une hausse des taux dans un monde où la dette représente 318% du PIB.
[NDLR : L'économie ne peut supporter le fardeau de dettes dont on l'a accablée. Découvrez ici les 6 précautions à prendre pour protéger votre épargne avant que les marchés financiers ne découvrent cette vérité et ne s'effondrent.]

Ce niveau d'endettement ne prouve-t-il pas que le secteur financier est un parasite qui a plus grossi que son hôte ? Il nous faudrait une crise financière mondiale pour détruire le parasite. Comme celle en 2008.

Sauf que les Etats et leurs banquiers centraux ont rapidement mis fin à cela...

Comme toutes les autres politiques publiques qui font de l'ingérence dans l'économie, les banques centrales sont une erreur. Les théories économiques qui les justifient sont fausses. Les objectifs n'ont pas été atteints. Les effets pervers sont un cauchemar.

Si les gens commencent à comprendre cela, les banques centrales seront vilipendées.

 

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