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La Chronique Agora
 

Paris, jeudi 14 juin [%= :date(%Y) %]

  • Simone Wapler : Moins d'argent gratuit = plus de mécontents
    Le dollar va devenir un peu plus cher et il devrait y avoir aussi un peu moins d'euros gratuits. La grogne va commencer à monter, et pas que sur les marchés financiers.
  • Bill Bonner : Mario Draghi et le mirage de la reprise mondiale
    Les bulles financières ne résisteront pas longtemps à la normalisation monétaire qui commence.
  • Nick Hubble : Aucun accord vaut mieux qu'un accord quelconque
    L'OMC et l'Union européenne ne favorisent pas le commerce. Ces institutions l'entravent en nommant "accords" des listes de restrictions.

 

LES NOTES DE SIMONE WAPLER

Simone Wapler

Moins d'argent gratuit = plus de mécontents

Jerome Powell, le nouveau maître du dollar, a trouvé que l'état de l'économie américaine était extraordinairement bon. Il augmente à nouveau son taux directeur rendant l'argent de moins en moins gratuit.

Dans les manuels d'économie, il est écrit que les autres monnaies et l'or auraient dû baisser par rapport au dollar. Pour l'euro, c'est l'inverse qui s'est produit : il a légèrement monté. L'or aussi a légèrement progressé, se calant au-dessus de 1 300 $ l'once. Cela, ce sont les réactions à chaud après l'effet d'annonce.

Depuis 1971 et l'avènement du créditisme, l'expérience montre aussi que plus l'argent devient cher à créer, plus le cours des actions baisse. L'indice MSCI World des plus grosses sociétés cotées du monde a commencé à fléchir, confirmant l'expérience (qui diffère quelque peu des grandes théories monétaires).

Création de crédit gratuit par banques centrales du G5 (en bleu) et évolution de l'indice MSCI World (en rouge)

Sur ce graphique, la ligne bleue est prolongée en fonction des intentions affichées par les banquiers centraux.

Mario Draghi, le maître de l'euro, doit d'ailleurs parler des siennes aujourd'hui.

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Il n'y a pas d'exemple dans l'Histoire, aussi loin qu'on puisse remonter dans le temps, où la création monétaire ait débouché sur des heureux évènements. Mais cela permet de tromper son monde durant un certain temps.

Et plus les gens sont faciles à tromper, plus longtemps ça marche.

A notre époque, malgré nos prétentions d'éducation des masses, les naïfs sont aussi nombreux que par le passé.

L'arithmétique collectiviste de la France Insoumise

Voici un exemple tout frais, emprunté à la France Insoumise (mais qui nous propose de devenir totalement soumis à l'Etat pour notre plus grand bonheur).

Voici un exemple tout frais, emprunté à la France Insoumise (mais qui nous propose de devenir totalement soumis à l'Etat pour notre plus grand bonheur).

Refaisons le calcul en utilisant les mêmes chiffres.

Selon les chiffres du PIB et de la population retenus par la France Insoumise :

  • En 1981, en moyenne, chaque Français produisait 9 000 €

  • En 2018, en moyenne, chaque Français produit 34 000 €

J'ai arrondi pour ne pas vous noyer dans les détails.

La productivité a été multipliée par 3,7 en 37 ans. Au cas improbable où un sympathisant de la France Insoumise me lirait, cela ne signifie pas que les gains de productivité sont de 10% par an.

Selon les chiffres de prestations sociales et de la population retenus par la France Insoumise :

  • En 1981, en moyenne, chaque Français recevait 2 278 € d'aides sociales

  • En 2018, en moyenne, chaque Français reçoit 11 568 € d'aides sociales

Les prestations sociales ont été multipliées par 5,08 en 37 ans.

Les prestations sociales ont donc augmenté plus rapidement que la production de richesse.

Le problème avec le collectivisme de la France Insoumise est qu'il conduit à des conclusions erronées. Pour prélever des richesses, il faut les produire et ce sont des gens qui les produisent, pas des entités abstraites comme l'Etat ou une banque centrale. La richesse ne tombe pas du ciel, contrairement à la pluie.

Mais la France Insoumise doit pouvoir racoler facilement des électeurs avec cette arithmétique surréaliste. La France est le seul pays au monde (à ma connaissance) qui a estimé que si tout le monde travaillait moins, tout le monde serait plus riche et a voté pour les 35 heures.

Faut-il rappeler que le classement de la France s'effondre dans les différents classements internationaux de niveaux d'éducation (Pisa et autres) ?

Y aurait-il un lien de cause à effet ? Plus les gens sont conservés dans l'ignorance, plus il est facile de leur faire prendre des vessies pour les lanternes.

Les histoires d'argent gratuit se terminent toujours mal, comme les histoires de faux-monnayage public. Quand on leur retire l'argent gratuit, les gens ne sont pas contents. Que ce soit sur les marchés financiers ou pour les aides sociales.

Cette fois, ce ne sera pas différent...

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LES NOTES DE BILL BONNER

Bill Bonner

Mario Draghi et le mirage de la reprise mondiale

Est-ce qu'on ne s'amuse pas comme des petits fous, depuis quelques jours ? Le G7... le sommet avec la Corée du Nord... le Canada et son fourbe Premier Ministre... les guerres commerciales...

Aucune génération précédente a-t-elle profité d'autant de distractions bas de gamme ?

Nous avons probablement atteint un sommet avec le commentaire de Peter Navarro, selon qui "l'enfer réserve un endroit tout spécialement pour les dirigeants étrangers qui se risqueraient à faire de la diplomatie de mauvaise foi avec Donald J. Trump".

Une toute nouvelle dimension du pouvoir...

Voilà qui semble représenter une nouvelle extension du pouvoir exécutif. La Maison Blanche avait déjà pris sur elle de décider quand les Etats-Unis entraient en guerre, et avec qui.

Elle s'est également emparée du pouvoir de déterminer les termes du commerce avec d'autres pays... et même de déterminer le destin d'une seule entreprise étrangère, comme elle l'a fait avec la société chinoise ZTE.

A présent, elle a fait un pas sans précédent vers le pouvoir total et illimité. Jusqu'à présent, c'est Dieu qui décidait qui allait au paradis ou en enfer. Désormais, visiblement, c'est le président américain.

Plus tard, Navarro a même réussi à cafouiller en faisant ses excuses, déclarant que sa "mission était d'envoyer un signal fort".

Ensuite, juste après ce charabia, au lieu d'admettre qu'il avait raconté n'importe quoi, il a déclaré que ses "mots n'étaient pas appropriés".

Quoi ? Y aurait-il eu la moindre différence s'il s'était exprimé en mandarin ? C'était l'idée qui était crétine, pas le langage.

Tant de délicieux boucan... qui n'est que bruit et fureur... et ne signifie rien, bien entendu.

Mais qui est extrêmement distrayant.

Voter pour le changement des autres

Avec une telle cacophonie dans les oreilles, les investisseurs n'entendent pas sonner le glas et son avertissement... pas plus qu'ils ne sentent la marée se retirer sous leurs pieds.

En première page du Financial Times de lundi, par exemple, on trouvait le gros titre de rigueur pour détourner l'attention des masses :

"Les rebuffades de Trump lors du G7 laissent les alliés les plus proches [des Etats-Unis] dans la tourmente.

Le Financial Times est tout bonnement horrifié. Le journal est la voix de l'élite internationale du Deep State, les gens qui gèrent les banques et les grandes entreprises, qui travaillent pour les ministères des Finances ou siègent au département d'économie des plus grandes universités.

Ils savent que Navarro est un crétin. Ils savent aussi d'où provient leur salaire.

Ces gens envoient leurs enfants en école de commerce. Ils participent à des conférences sur le changement climatique ou l'égalité sur le lieu de travail. Ils parlent le langage des élites mondiales et craignent les barbares à leurs portes.

Ils ne voient pas le besoin de satisfaire un client... de fournir un véritable service à un acheteur qui le demande... ou de fabriquer un vrai produit. Ils pensent plutôt qu'ils peuvent construire un monde meilleur en disant quoi faire aux autres. Ils votent, bien entendu, pour "le changement" – c'est-à-dire qu'ils veulent que les autres changent.

Et voilà qu'arrive le Grand Barnum en personne, Donald J. Trump, et les voilà sans voix, au bord de l'apoplexie. Lui aussi insiste pour que les autres changent... mais pas les mêmes. Et pas de la même manière.

L'élite mondiale voit son confortable univers mis sens dessus-dessous. Tous leurs acronymes favoris – TAFTA, OMC, FMI... même l'UE elle-même – sont attaqués. Le G7 devient le G6, les Etats-Unis claquant la porte. Mais attendez... sans le malabar du groupe, cela devient le G0, comme l'a bien vite souligné la Team Donald.

La marée descendante couche tous les bateaux

Pendant ce temps, en page 12, le Financial Times propose une conférence sur la gestion d'investissements intitulée "Rééquilibrer le risque et le rendement durant la reprise mondiale".

Nous conseillons aux lecteurs potentiellement intéressés de tourner la page sans attendre : ils verront pourquoi les gros titres ne sont que des distractions... et pourquoi la "reprise mondiale" – qu'elle soit annoncée par le Financial Times ou par Donald Trump – est un mirage.

Car là, en page 13, se trouve une photo de "Super Mario" Draghi, ancien de Goldman Sachs et désormais à la tête de la Banque centrale européenne. C'est bien entendu Draghi qui a prononcé la célèbre phrase annonçant qu'il ferait "tout ce qu'il faudra" pour sauver le système financier créé par les élites.

"La marée montante soulève tous les bateaux", dit une vieille expression.

Suite à la crise de 2008-2009, Draghi, Yellen et quasiment tous les banquiers centraux de la planète se sont mis au travail et ont inondé les marchés de cash et de crédit. Draghi a injecté environ 2 700 milliards de dollars au cours des 43 derniers mois. La Fed en est à 4 000 milliards de dollars.

Mais la marée a soulevé certains navires plus que d'autres. Les yachts appartenant aux banquiers, aux spéculateurs boursiers, aux gestionnaires de hedge funds et aux lecteurs du Financial Times d'une manière générale n'avaient jamais vu le niveau de l'eau si élevé.

En revanche, les vaisseaux commerciaux, les pétroliers, les chalutiers – les barges, les péniches et les lents remorqueurs de l'économie réelle – ont tout juste décollé du fond.

Le PIB US frôlait les 15 000 milliards de dollars en 2008. Il est désormais à 19 000 milliards de dollars – il a augmenté de près d'un tiers.

Les actions, en revanche, sont passées d'un plancher de moins de 8 000 points en 2008 à plus de 25 000 actuellement. Elles ont plus que triplé... c'est-à-dire qu'elles ont augmenté neuf fois plus rapidement que la croissance de l'économie réelle.
[NDLR : Evitez les marchés boursiers surchauffés... et investissez plutôt dans des entreprises solides, fermement enracinées dans l'économie réelle et aux perspectives profitables. Tout est expliqué ici.]

Evolution de la capitalisation des 5 000 entreprises américaines rapportée au PIB des Etats-Unis

A présent, Mario Draghi, suivant l'exemple de la Fed de Jerome Powell, ferme les vannes. L'Union européenne veut revenir à "des conditions financières plus normales", annonce le Financial Times. Nous verrons ce que donne la réunion de la BCE aujourd'hui : d'autres nouvelles devraient arriver.

Tant l'élite du Deep State... que les initiés du nouveau Deep State du gouvernement Trump... pensent que l'économie est en plein boom.

Ils pensent que le cuir de la bulle est assez robuste pour résister aux épingles des politiques monétaires "normalisées", des guerres commerciales, des guerres ouvertes, des déficits à plusieurs milliers de milliards de dollars, des besoins croissants de populations vieillissantes en termes d'Etat-providence... et du carnaval de sottises qui se déroule désormais 24h/24, sept jours sur sept.

Pour l'instant, ils ont raison.

Mais lorsque les bulles éclateront, ils se rendront peut-être compte qu'un endroit leur est tout spécialement réservé en enfer, à eux aussi.


LES NOTES DE NICK HUBBLE

Nick Hubble

Aucun accord vaut mieux qu'un accord quelconque

En 2016 j'ai fait partie du Free Market Road Show. L'idée était de sillonner l'Europe pour organiser des tables-rondes sur divers sujets tels que l'Union européenne et l'économie du partage. Notre troupe s'est surtout rendue dans les pays de l'Europe de l'est, où les batailles idéologiques font encore rage.

En Moldavie, je me suis retrouvé à débattre du prochain accord de libre-échange européen. En lisant des articles récents sur le Brexit, je me suis souvenu de ce que j'avais déclaré à l'époque. C'est la même confusion sous-jacente qui est à l'origine de tout ce débat.

Prenez n'importe quel journal britannique, vous tomberez systématiquement sur un article sur l'Union douanière, l'Espace économique européen, l'UE et les accords de libre-échange. Quel devrait être le choix des Britanniques ? Devraient-ils plutôt préférer un Brexit dur que "soft" ? Même les responsables politiques n'arrivent pas à se décider, sans parler des économistes.

Mais si on formule correctement le problème du Brexit, il n'est plus un problème. Et le débat moldave sur l'accord de libre-échange est lui aussi totalement à côté de la plaque. C'est ce que j'ai tenté d'expliquer au public moldave.

Assis à ma droite et à ma gauche se trouvaient des économistes plutôt corpulents. L'un d'eux était russe. Ils n'ont cessé de discourir sur les bénéfices de libérer le commerce avec l'UE, les bénéfices économiques, les produits qui deviendraient disponibles, etc.

Après avoir demandé à mon hôte s'il m'autorisait à jurer, j'ai déclaré au public que tout ça c'était des conn***es. Sur tant d'aspects que cela en devient insondable. Les économistes qui m'entouraient se hérissèrent.

A l'époque, les responsables politiques des deux côtés de la frontière militaient pour libérer les échanges entre la Moldavie et l'UE.

Je demandais donc au public s'il savait qui avait de prime abord limité le commerce. C'était le gouvernement. Ces mêmes responsables politiques.

Si le libre-échange est une bonne chose, pourquoi alors l'ont-ils, dans un premier temps, restreint ?

Si le libre-échange est une bonne chose, pourquoi diable est-ce si long de l'autoriser ?

Et surtout, pourquoi diable a-t-on besoin d'un accord pour que les échanges soient libres ? La liberté n'est-elle pas l'absence d'interférence de l'Etat ? Pourquoi ne pas simplement se débarrasser des barrières commerciales ?

Les prétendus accords sur le libre-échange sont une longue liste de restrictions

La réponse à toutes ces questions est que les responsables politiques ne voient pas le commerce comme une chose positive. Si vous prenez la peine de lire vraiment ce qu'on appelle un accord de libre-échange, vous découvrirez qu'il ne s'agit en fait que d'une longue liste de restrictions sur le commerce...

Mais cet exemple d'hypocrisie n'est pas le plus flagrant. La situation est vraiment devenue embarrassante lorsque j'ai affirmé ceci :

"Si quelqu'un vous vole votre argent puis vous offre un contrat vous proposant d'en récupérer la moitié, allez-vous le signer des deux mains ?

Bien sûr que non !

C'est la même chose avec les accords commerciaux. Les responsables politiques vous rendent la moitié de votre droit fondamental de traverser les frontières – et en plus ils s'attendent à ce que vous en soyez satisfaits.

Naturellement, mieux vaut avoir des accords de libre-échange. Vous n'en serez que plus riches. Mais comprenez bien, on vous revend des droits qui vous appartiennent et qu'on vous avait retirés dans un premier temps."

Le Brexit est un conflit qui n'a pas lieu d'être

En quoi tout cela a-t-il à voir avec le Brexit ? Cela montre que c'est le double-langage orwellien qui est au coeur du problème du Brexit et non le commerce en lui-même. Tout ce conflit est un conflit artificiellement créé qui n'a pas lieu d'être.

En ce moment, il existe plus ou moins des accords de libre-échange entre l'UE et le Royaume-Uni. Les gens reconnaissent en général que c'est une bonne chose. Donc si l'UE et le RU pensent que ce libre-échange est bénéfique, pourquoi diable menacent-ils de nous le supprimer si nous n'arrivons pas à conclure un accord sur les échanges ?

"Si vous n'êtes pas d'accord avec notre accord de libre-échange, qui limite beaucoup le commerce, nous ne commercerons pas librement avec vous," disent les négociateurs européens aux Britanniques. C'est stupide. A nouveau, sur tant d'aspects que cela en devient insondable.

Toute restriction sur le commerce est établie par les gouvernements ; les restrictions commerciales ne sont pas un état de fait naturel.

Menacer de restrictions commerciales pour punir de ne pas avoir été d'accord sur moins de restrictions commerciales est une contradiction. Soit les restrictions commerciales sont bonnes, soit elles sont mauvaises. Soit le commerce est bon, soit il est mauvais. On ne peut pas dire que le libre-échange est bon mais que si vous n'êtes pas d'accord avec ces quelques restrictions, alors nous mettrons en un paquet de restrictions.

L'OMC – comme les accords commerciaux – est un faux besoin

La politique commerciale absurde dont débattent les journaux est parfaitement logique si vous acceptez le monde que l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a créé. Selon ces règles, en l'absence d'accord commercial, les restrictions commerciales par défaut doivent s'appliquer pour le pays en question.

Voilà une manière absurde d'organiser les choses, qui crée le besoin d'une OMC et des litiges à propos des accords de libre-échange.

En d'autres termes, le besoin artificiellement créé d'inciter à des accords commerciaux pour permettre le libre-échange est le problème, pas la solution.

Au sujet du Brexit, si l'UE et le RU n'avaient pas d'accords commerciaux en place, et que les biens et services étaient autorisés à circuler librement, il n'y aurait absolument aucun problème.

Tous les problèmes et préoccupations sont artificiellement créés par une divergence par rapport à cet état naturel des affaires. Ils sont créés par les affaires d'Etat.

Le Brexit en est un exemple manifeste. Et d'une manière nouvelle, qui prouve ce que j'essaie d'expliquer.

Ce n'est pas parce que la GB sort de l'UE que la consommation de saucisses allemandes devient soudainement dangereuse pour les Britanniques et que les marchés financiers britanniques deviennent du jour au lendemain inappropriés pour les investisseurs européens.

Les restrictions qu'établit l'UE sur le commerce sont mauvaises. Ce serait manifeste si on les mettait en place à cause du Brexit puisqu'on volerait aux peuples sans raison valable leur droit de commercer.

Je ne pense pas que les Européens accepteraient la position absurde des responsables politiques selon laquelle, avec la GB hors de l'UE, ce n'est plus une bonne idée de commercer librement avec eux. Les gens se rendraient compte que tout ce débat est ridicule.

C'est pourquoi, s'agissant du Brexit, aucun accord est le meilleur accord possible. Les politiciens seraient obligés d'expliquer pourquoi ils ont soudain besoin de mettre en place des restrictions commerciales.

L'absurdité des institutions commerciales qu'ils ont créées serait révélée au grand jour. Les gens passeraient régulièrement outre ces règlements de toute évidence stupides. L'idée même de restreindre le commerce semblerait stupide.

La guerre commerciale de Trump : équilibrer la déloyauté

Il n'y a pas que le Brexit qui met en avant l'absurdité des règles commerciales. Le président Donald Trump aussi le fait.

Sa guerre commerciale semble jusqu'à présent donner de bons résultats. De plus en plus de gens qui haïssaient Trump le créditent d'une amélioration de l'économie.

Toutefois, les partenaires commerciaux des Etats-Unis ne sont pas aussi heureux. L'UE, le Canada, le Mexique et la Chine sont prêts à se battre.

Mais le contrecoup de la guerre commerciale de Trump ne porte pas sur le commerce lui-même. Là encore, le problème sous-jacent est le monde stupide des règles commerciales. Le conflit provient de la façon même dont les politiques traitent le sujet, pourtant simple, du commerce.

Les Etats-Unis viennent de commencer à exploiter les règles du jeu alors que les autres pays ont une longue tradition dans cette pratique. Le "commerce équitable" selon Trump est équitable dans le sens où les deux parties jouent à présent de manière déloyale. Cela représente un choc pour ceux qui s'en sont tirés avec des subventions et des droits de douane pendant si longtemps.
[NDLR : Depuis une décennie, la Chine profite des Etats-Unis en leur piratant leur propriété intellectuelle. Mais l'application du Trade Act de 1974 pourrait changer la donne. Notre spécialiste Jim Rickards vous explique ici comment, mais surtout vous propose une transaction originale pour vous permettre d'engranger une plus-value de +669%.]

Le fait que toutes les restrictions commerciales imposent une automutilation dans une certaine mesure est difficile à cacher aujourd'hui. Trump force la décision en clamant être prêt à s'automutiler. Les autres pays menaceront-ils de suicide commercial en réponse ?

C'est peu probable, et c'est pourquoi la stratégie de Trump de garantir plus de libre-échange fonctionne. Si vous voulez que quelqu'un bouge dans une certaine direction, vous le poussez dans la direction opposée. Il résistera naturellement et bougera ensuite de la façon dont vous le souhaitiez. Les menaces de Trump ont pour but de contraindre les pays à réduire leurs restrictions commerciales, pas de lancer une guerre commerciale.

Mais les habiles manoeuvres politiques de Trump ne sont pas le sujet de cet article. Je veux vous faire comprendre que dire qu'il existe une guerre commerciale mondiale est simplement faux.

Peut-être que les institutions mondiales du commerce seront bientôt vues comme étant le problème sous-jacent. L'OMC, l'UE et les accords de libre-échange entravent le commerce, ne le facilitent pas. Dans un monde sans ces institutions, le Brexit ne ferait pas tant d'histoires.

 

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