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La Chronique Agora
 

Paris, lundi 26 juin [%= :date(%Y) %]

  • Simone Wapler : La peste des banques vénitiennes et italiennes
    En un week-end, deux banques ont fait faillite puis ont été sauvées... par les contribuables italiens. La Parasitocratie a su contourner ses propres règles pour se sauver.
  • Bill Bonner : Pour un honnête dollar
    Baisser les impôts et revenir à un dollar adossé à l'or et non au crédit sont les deux seules réformes dont les Américains ont vraiment besoin.
  • Charles Hugh Smith : Pouvez-vous percevoir une bulle de l'intérieur de cette bulle ?
    La bulle immobilière de San Francisco est directement liée à la bulle des valeurs technologiques. Toutes deux éclateront, la seconde plus rapidement que la première.

LES NOTES DE SIMONE WAPLER

Simone Wapler

La peste des banques vénitiennes et italiennes

Et dans la torpeur du premier week-end d'été, deux banques européennes firent faillite.

C'est un grand principe, les banques sombrent le vendredi soir. Cela permet à monsieur le Marché de ne pas broyer du noir et à la Parasitocratie de s'organiser pour sauver les meubles.

Vendredi 23 juin, donc, Veneto Banca et Banca Popolare di Vicenza sont en faillite ou sur le point de l'être, selon la BCE. Ceux qui seraient intéressés par le jargon technique justifiant cette décision peuvent le consulter ici.

Ces deux banques italiennes manquent de capitaux propres et ont été incapables de présenter un plan de recapitalisation. Elles ne remplissent pas les conditions pour être éligibles au système de résolution européen. Veneto Banca et Banca Popolare di Vicenza devront se soumettre au régime légal de la faillite en vigueur en Italie.

Dans un monde où règnent mensonges et désinformation... 
Quand la propagande moderne a remplacé l'analyse...

 

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Ces deux banques possèdent 60 Mds€ d'actifs toxiques (12 kerviels) auxquels personne ne veut toucher, des prêts non performants. Rappelons qu'en 2008, un seul kerviel était censé faire trembler la finance mondiale. Depuis, beaucoup de progrès a été accompli, comme vous le voyez...

Le dimanche, revirement. Margaret Vestager, Commissaire européenne à la concurrence, donne le feu vert à une intervention de l'Etat : "l'Italie considère qu'une aide publique est nécessaire pour éviter un désordre économique dans la région de Venise".

Le dimanche également, l'Italie mettait sur pied un décret pour libérer à terme 17 Mds€ dont 5 Mds€ immédiatement. Intesa San Paolo va reprendre les "activités saines" des deux banques pour 1 € symbolique et recevra 400 M€ de la part de l'Etat italien. C'est un montage assez similaire à celui qui a été fait en Espagne lorsque Banco Santander a absorbé Banco Popular.

"Ce sauvetage est en faveur des détenteurs de comptes courants, des épargnants [...], de ceux qui travaillent dans ces banques, en faveur de l'économie de ce territoire et en fin de compte de la bonne santé de notre système bancaire", a déclaré le chef du gouvernement, Paolo Gentiloni.

En réalité, ce sauvetage se fait au détriment des contribuables, mais seulement des contribuables italiens.

Ce ne sont pas les déposants et les épargnants que viennent de sauver les contribuables italiens, mais les actionnaires et créanciers institutionnels les seniors bondholders, au premier rang desquels se trouve la BCE qui, ne l'oublions pas, détient un gros portefeuille de dette italienne.

"Ceux qui nous critiquent n'ont qu'à proposer une meilleure alternative. Je n'en vois pas", a indiqué le ministre italien de l'Economie Pier Carlo Padoan.

La meilleure alternative consiste à laisser mourir ce qui doit mourir. Mais cela n'était pas possible en raison du risque de contagion, admettent certains analystes financiers de Messine cités par la BBC.

La prochaine banque sur la liste des pestiférées est la Carige de Gênes.

Lundi, M. Le Marché ouvre en forte hausse en Italie. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles pour la Parasitocratie.

  • Unicredit gagne 2,9%
  • Banco BPM gagne 2,6%
  • BPER Banca gagne 1,9%
  • UBI Banca gagne 1,7%
  • Mediobanca gagne 1,6%

L'indice Euro Stoxx Banks gagne 0,6%.

Rappelons qu'Unicredit est censé lever sur les marchés 13 Mds€ pour se recapitaliser.

Que devons-nous retenir de l'épisode Italie de ce feuilleton bancaire "Banques malades en Europe" ?

Tout d'abord, Bail-in, bail-out, système de résolution bancaire, stress-tests, instance de supervision... peu importe le jargon et l'habillage : c'est toujours le contribuable qui est en bout de chaîne.

Ensuite, le capitalisme sans la faillite est, comme le communisme sans le goulag, un système boiteux. Le système de monnaie-dette ou de monnaie-crédit, qui empile les mauvaises créances et refuse l'assainissement par la faillite, devient de plus en plus ingérable. Les promesses de payer un jour faites par les Etats-providence sont à l'origine de la plupart de ces dettes. Ces promesses ne sont plus finançables.

Les contribuables européens, comme les contribuables américains, commencent à ressembler à des citrons pressés. Quel jus leur restera-il lorsqu'il faudra sauver les banques françaises et allemandes malades de leurs produits dérivés ?
[NDLR : Il n'y a pas que les banques qui sont en danger, les assureurs ne peuvent supporter éternellement des taux d'intérêt aussi bas qui les empêchent de verser les rentes promises. Découvrez ici pourquoi et comment faire pour protéger votre épargne du cataclysme qui s'annonce.]


LES NOTES DE BILL BONNER

Bill Bonner

Pour un honnête dollar

Hier soir, nous sommes allés dîner au port de Dungarvan.

La campagne irlandaise était idyllique, avec ces collines vallonnées, ses forêts, et ses prairies. Et en arrivant à Dungarvan, nous avons aperçu l'Atlantique qui scintillait au loin.

Au port, c'était marée basse. Les bateaux reposaient dans la vase, penchés d'un côté, en attendant que l'eau les redresse. Les restaurants étaient bondés. Les parkings étaient remplis. Partout, des groupes attablés bavardaient et riaient.

"L'Irlande a l'air d'être en plein essor", avons-dit à nos compagnons.

"Oui, elle revient de loin. Les prix de l'immobilier recommencent à grimper, notamment à Dublin. Les salaires repartent à la hausse. Mais cette ville est particulièrement prospère. Elle est très pittoresque".

Nous nous sommes récemment moqué de ce qu'avait dit le président de la Chambre, Paul Ryan, à savoir que les politiciens partaient "en avant toute" sur une réforme fiscale "transformationnelle".

C'est bien une réforme transformationnelle qui est nécessaire, mais ce n'est pas ce qui s'annonce.

Nous adorerions assister à une véritable réforme fiscale. Nous payons 50% d'impôt sur les revenus, au niveau de l'état et au niveau fédéral. Nous faisons partie de ceux qui se font gentiment saigner par l'Etat.

Voici notre proposition : réduisez le taux d'imposition à 10%. Pour tout le monde. Stoppez tous les crédits. Comblez tous les vides.

Les avocats fiscalistes n'auraient plus de travail... les initiés seraient consternés... les pauvres s'insurgeraient... et l'économie prospèrerait.

Mais ni les républicains ni les démocrates ne le proposent.

Pourquoi ?

Premièrement, parce que le pouvoir en place s'est débrouillé pour créer des exemptions fiscales pour ses membres. Une fiscalité complexe favorise les initiés ; ils se réfugient dans cet écheveau comme les violeurs dans les bois.

Le Congrès contrôle le système d'imposition... et les initiés contrôlent le Congrès.

Deuxièmement, le Deep State a besoin de cet argent. Le principe même de gouvernement consiste à offrir à quelques-uns les moyens d'exploiter la multitude. La fiscalité est un moyen parmi tant d'autres.

Troisièmement, les électeurs s'en fichent. Actuellement, la plupart d'entre eux ne payent pas beaucoup d'impôts sur les revenus.

On ne presse pas des citrons sans jus

Notre ami David Stockman, qui a été responsable du budget dans le gouvernement de Ronald Reagan, explique pourquoi :

"L'impôt sur le revenu a été modifié tellement de fois depuis 1981 qu'il ne s'agit plus d'un impôt sociétal global ; c'est une sorte de taxe de luxe appliquée aux tranches de revenus supérieures, et à la petite proportion de foyers qui tire essentiellement ses revenus du capital, via des dividendes, le paiement d'intérêt et des gains réalisés sur des capitaux...

Trois cinquièmes des contribuables représentaient seulement un cinquième de l'impôt sur les revenus versés.

De plus... plus de 52 millions ou 35% des contribuables – essentiellement dans les tranches de revenu intermédiaire et inférieure – n'étaient plus imposables du tout après déduction, exemption et crédit d'impôt."

91 millions de personnes perçoivent un salaire annuel de 14 600 $ en moyenne. Il est impossible de presser des citrons qui n'ont pas de jus.

Or ces travailleurs à faible revenu représentent plus de la moitié des 148 millions de personnes qui remplissent une déclaration d'impôt. Ce sont les électeurs.

Vendredi, nous avons montré que les Américains sont plus pauvres que nous ne le pensions. En ce qui nous concerne, nous nous en sortons mieux. Mais ce n'est pas le cas de la plupart des autres. Les moyennes déforment la vérité. Les énormes augmentations de richesse et de revenus enregistrées au sommet donnent l'impression que nous sommes tous plus riches.

Les calculs d'inflation bidon cachent encore plus les blessures que l'on inflige au citoyen moyen de l'Amérique profonde.

En 1997, une voiture moyenne coûtait 19 000 $. Aujourd'hui, elle coûte 33 000 $. Mais comme nous l'avons déjà expliqué, l'Etat dit que le prix n'a pas changé. C'est parce qu'aujourd'hui, votre voiture "a une meilleure technologie". Donc, vous en avez deux fois plus pour votre argent.

Mais allez dire ça au type qui a 19 000 $ et qui a besoin de s'acheter une nouvelle voiture ! Il ne peut le faire qu'en s'endettant davantage.

Et c'est ainsi que son endettement s'envole, comme le nombre d'immeubles hébergeant les prêteurs à Londres : vite et haut.

Comme les taux d'intérêt ont chuté, le coût de l'endettement a chuté lui aussi. Cela lui a permis de s'endetter beaucoup plus. A présent, il dépend de plus en plus de l'endettement... et de taux d'intérêt bas... uniquement pour maintenir son niveau de vie.

Ce que nous voulons dire aujourd'hui, c'est que seule une véritable réforme de grande ampleur pourrait améliorer les choses.

Trafiquer... Bricoler... tenter de rejeter la responsabilité des démocrates vers les républicains... gaspiller encore plus chez les compères de la défense et moins chez les citoyens zombies... perdre du temps à "enquêter" : rien de tout cela ne changera grand-chose.

Nous avons besoin de véritables réformes transformationnelles.

Le problème, ce ne sont ni les impôts, ni la Russie, ni Daesh... ni les démocrates, ni les républicains. L'Américain moyen n'a pas assez d'argent. Le Deep State en a trop. Et l'argent lui-même est falsifié.

Vous voulez de véritables réformes transformationnelles ?

Vous voulez voir l'économie prospérer ? Vous voulez voir le Deep State se faire chasser de Washington ? Vous voulez voir Wall Street se faire remettre à sa place et une république honnête être rétablie ?

Alors réduisez les impôts.

Mais ne vous arrêtez pas là. Revenez à un dollar honnête : adossez-le à l'or au cours actuel.

Virez tous les employés de la Fed sauf un. Sa mission est de tenir le "guichet de l'or", au Département du Trésor, et d'échanger de l'or contre des dollars à un taux fixe.

Mais attendez... Ce n'est que le début. Virez les barbouzes, également. Nous n'avons pas besoins de 17 différentes agences du renseignement qui espionnent les Américains. Une seule suffit largement.

Rapatriez les soldats sur le territoire national. Interdisez également les déficits budgétaires. L'Etat doit vivre dans la limite de ses moyens. Il ne doit y avoir aucune exception. Pas de dette.

Et puis, ah oui... interdisez les "réglementations" inconstitutionnelles. C'est le Congrès qui est censé élaborer les lois du pays, et non les bureaucrates et les lobbyistes.

Réduisez les salaires des membres du parlement à ce que vaut réellement un politicien, à savoir le salaire minimum. Et interdisez toute loi que tout membre du Congrès serait incapable d'expliquer en se tenant en équilibre sur un seul pied.

La seule chose que nous demandons, c'est de nous avertir un peu avant de faire ces choses, histoire d'avoir le temps de mettre les voiles.

Pour aller à Dungarvan. Ou en Argentine. Car cela ressemblera un peu à ce film, L'Armée des Morts, en Amérique. Lorsque l'argent facile s'envolera, les compères et les zombies se soulèveront.

Mon GPS vient de repérer un nouveau gain potentiel...
... et +1 000% sont à la clé.

Pour consulter la "Carte au Trésor" -- et vous positionner --, c'est par ici.


LES NOTES DE CHARLES HUGH SMITH

Charles Hugh Smith

Pouvez-vous percevoir une bulle de l'intérieur de cette bulle ?

Si vous visitez San Francisco, il vous sera difficile de faire quelques pas en centre-ville sans tomber sur un grand projet de construction. Il semble que chaque immeuble délabré soit rasé pour être remplacé par une tour résidentielle flambant neuve.

A la place des aires de parking se dressent à présent des immeubles luxueux.

Cet essor n'est guère surprenant, étant donné la position centrale de San Francisco et de sa baie sur la carte mentale des fondus de technologie que j'ai ébauchée ici - pour ceux qui pourraient encore croire que les villes de Washington et New York comptent (indice : ce n'est pas le cas.)

Carte mentale des techies branchés

L'afflux de sociétés high-tech du secteur mobile/logiciel dans la baie de San Francisco a déclenché un boom non seulement dans le secteur technologique mais également dans tous les secteurs de service qui pourvoient aux besoins des "techies" biens payés. Cette masse de nouvelles personnes est à l'origine des bouchons qui durent du matin au soir ; à 23h, les rames du métro de San Francisco sont aussi bondées qu'aux heures de pointe.

Ce boom phénoménal de la construction est à voir de ses propres yeux. Il s'est répandu de San Francisco à East Bay à mesure que les travailleurs, chassés hors de la ville par la hausse des prix de l'immobilier, se sont déplacés vers l'est, ce qui a fait grimper les loyers quasiment au même niveau que ceux de SF.
[NDLR : Connaissez-vous tous les vrais atouts de la Société Civile Immobilière et ce qu'elle peut vous apporter dans la gestion de vos biens ? Découvrez comment utiliser habilement cette structure dans notre Rapport "Que faire et ne pas faire avec une SCI" en cliquant ici.]

Certes, on constate un début d'accalmie des prix de l'immobilier à la location et à la vente, mais cela n'a pas modifié la tendance générale : ce n'est qu'une pondération d'une longue tendance à la hausse sans fin qui s'annonce à l'horizon.

On peut comparer ce phénomène à la ruée vers l'or des années 1850, et au précédent boom technologique/immobilier de la fin des années 1990 : un afflux énorme de revenus entraîne un boom immobilier et s'accompagne d'un afflux massif de chercheurs de trésor, d'entrepreneurs, de rêveurs et de tous ceux qui espèrent décrocher un boulot bien payé à "Boomland."

On peut observer le même phénomène dans les états pétroliers chaque fois que les prix du pétrole et du gaz grimpent en flèche.

Nous savons comment de telles bulles se terminent : par une baisse toute aussi violente. Pourtant, dans l'euphorie de la hausse, il est facile de croire que celle-ci durera plus longtemps que les autres.

Je me souviens très bien de l'enthousiasme qui avait gagné les foules au salon du COMDEX, la grand-messe planétaire de l'informatique, à Las Vegas en 1999. La ville était bondée, les centres de congrès étaient saturés et une bannière énorme accueillait les fidèles par ce slogan à l'époque révolutionnaire : "le réseau est l'ordinateur -- Sun Microsystems".

C'est là que j'ai vu pour la première fois une démonstration de Bluetooth (sur un stand Motorola), et des dizaines d'autres technologies grand public qui n'ont jamais vraiment pris –du matériel pour transformer votre PC en télévision, etc.

Aujourd'hui nous assistons à la même euphorie pour les titres FAANG, le Big Data, l'intelligence artificielle, les Initial Coin Offerings (ICO) (levées de fonds en cryptomonnaies), etc.

Indice S&P 500

Un an plus tard, la bulle avait éclaté et 10 ans plus tard, Sun Microsystems avait perdu son avantage. L'entreprise terminera sa trajectoire glorieuse par l'ignominie d'être vendue à Oracle pour des clopinettes.

Les loyers à San Francisco sont aujourd'hui si obscènes qu'il existe même une parodie dans laquelle Hitler tente de louer un appartement à SF.

De l'autre côté de la Baie, à Oakland, un deux pièces neuf relativement spacieux avec vue sur la baie coûte 3 300 $ par mois. Le même appartement à SF revient à 4 000 $ ou plus par mois. Des salariés des sociétés high-tech, ou "techies," qui travaillent gratuitement pour la start-up d'un ami ont loué l'espace derrière le lave-linge dans une buanderie pour 400 $ par mois.

San Francisco

Combien de salariés moyens peuvent se permettre de débourser un loyer de 40 000 $ par an ? Après les impôts, même pour des techies qui gagnent 80 000 $ par an, il ne reste plus grand-chose de leur travail quand ils doivent payer 40 000 $ après les 20 000 $ d'impôts et que des prélèvements ont été déduits de leur salaire annuel.

La ruée actuelle vers l'or s'effondrera. Lorsque les travailleurs marginalisés, récemment licenciés, ramasseront leurs affaires et partiront, personne ne louera plus de studio à 4 000 $ par mois. Les propriétaires tenteront de baisser les loyers à 3 000 $ par mois et, ne trouvant aucun preneur, ils feront faillite et les tours scintillantes seront vendues aux enchères. Finalement les loyers baisseront au niveau auquel les gens peuvent réellement se permettre de louer.

Cela prendra quelques années car les propriétaires rechignent à accepter une baisse pérenne des loyers et la faillite que cela entraîne. Les restaurants et autres entreprises secondaires qui ont été créées pour servir les techies s'accrocheront, paieront des loyers fous pendant quelques mois puis abandonneront lorsqu'elles perdront de l'argent et fermeront.

Les bulles à Seattle et à Portland, que tant de gens considèrent comme des caractéristiques permanentes de l'augmentation de leur richesse, succomberont également aux lois de la gravité.

Seattle

Nous nous accrochons naturellement à l'euphorie et à l'apothéose d'un boom ; cela génère tant d'espoir et d'émotions positives. L'éclatement de la bulle n'est guère une partie de plaisir : vagues de licenciements, insolvabilités, déménagements vers des lieux moins chers et bien moins excitants, rêves éclatés et toute la désolation qui accompagne l'anéantissement de rêves et d'espoirs.

Portland

Savoir tout cela ne nous prépare pour autant pas à l'éclatement de la bulle, pas plus que les signaux initiaux d'un boom ne nous préparent à une bulle. Cette fois nous voudrions tellement que cela se passe autrement... Mais cette fois n'est différente qu'à la marge ; l'éclatement aura encore une fois un goût de cendres.

 

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